Voyage du Duc d'Anjou et de son épouse en Anjou:
Par votre profonde connaissance du droit, une nouvelle fois, vous
> venez de rappeler l’essentiel. Vous venez de dire ce qu’est l’aînesse
> dans la maison des Capétiens et quelle est son importance en matière
> constitutionnelle. Vous avez aussi redit ce que représente le titre de
> duc d’Anjou pour tous ceux qui ont eu, avant moi, la lourde charge
> d’assumer l’aînesse de la maison des Bourbons. Mais au-delà du droit
> et de la coutume ou de l’usage, il est une autre dimension que je
> tiens à rappeler. Cette dimension est celle du cœur et au-delà, celle
> de la fidélité. Celle du cœur, chacun d’entre vous peut être attaché à
> son nom, et est prêt à le défendre si quelqu’un l’usurpe. En ce sens,
> je suis comme vous tous et je tiens à mon patronyme qui résume plus
> d’un siècle de fidélité à une tradition que ma famille a assumée alors
> que la cause et la monarchie légitimes étaient si vacillantes au
> lendemain de la mort du Comte de Chambord et que vous— ici un ou de
> mots incompréhensibles — prêt à la brader aux idéaux du monde.
> La princesse Marie Marguerite, qui, je vous l’annonce officiellement
> aujourd’hui, porte en elle une nouvelle génération d’Anjou —
> applaudissements nourris —, est également fière de son titre de
> duchesse d’Anjou. Elle l’a acquis lors de notre mariage et elle est
> heureuse de pouvoir en assurer la transmission. Telle est la raison
> pour laquelle notre premier voyage officiel hors Paris, à un moment
> fort de notre union, s’effectue en Anjou. Ce déplacement symbolise le
> lien qui unit une famille à une province. Nous avons souhaité placer
> ce voyage sous le signe de la Sainte Croix de Baugé et de sa
> vénération. Ainsi, nous remercions ceux qui, autour de Monseigneur
> Jean-Louis Bruguès, évêque d’Angers, nous ont accompagnés dans
> l’émouvante cérémonie de préparation à notre pèlerinage qui vient de
> se tenir en fin de journée dans la cathédrale.
> Nous avons aussi pu honorer la seconde dynastie d’Anjou qui donna ses
> rois à la Hongrie, comme j’avais pu m’en souvenir lors des voyages
> officiels effectués il y a deux ans.
> Vous tous ici, ce soir, par votre présence, vous renforcez le lien de
> fidélité qui nous unit les uns aux autres à travers les générations
> autour de monsieur le duc de Beauffremont et présidents des autres
> associations et de tous ceux qui ont travaillé à la réussite de ce
> déplacement. Fidélité qui impose des devoirs que mon épouse et
> moi-même assumons pleinement. Nous sommes conscients du rôle que nous
> avons, comme aînés de la Maison de Bourbon, c’est-à-dire successeurs
> légitimes des rois de France — applaudissements nourris —.
> Certes, des circonstances actuelles semblent, à vue humaine, ne faire
> de ce droit qu’un droit virtuel, mais l’histoire de France n’est-elle
> pas là pour nous dire en permanence que l’impossible n’est pas
> français — applaudissements nourris —, que le désespoir n’a pas cours
> pour ceux qui croient dans les destinées de la France. Dans deux
> jours, nous poursuivrons notre déplacement en rendant hommage à Jeanne
> d’Arc, continuant ainsi, après la sainte Croix de Baugé, à pénétrer
> dans le mystère de la destinée nationale. À son époque aussi, certains
> devaient avoir des doutes mais, pourtant, l’épopée de Sainte Jeanne
> s’est achevée par le sacre du roi Charles VII.
> Voilà pourquoi, comme tous les ducs d’Anjou qui m’ont précédé, en
> restant fidèle aux lois fondamentales du royaume, et aux obligations
> que l’aînesse donne à ma famille, sans prétendre, je poursuivrai mon
> devoir de transmission vis-à-vis de la France et des Français. Vive
> l’Anjou, vive la France — applaudissements très nourris...

( à suivre)