Le duc d'Anjou sur ses terres
C'est bien connu, les Français n'aiment rien tant que l'Histoire, " leur " histoire, et peut-être encore plus ceux et celles qui la personnifient. C'est ce qui explique, sans doute, le succès du déplacement sur " ses " terres, du 24 au 29 septembre dernier, de l'aîné des Captétiens, Louis de Bourbon. Il a 32 ans. On l'appelle Monseigneur, il est duc d'Anjou, arrière-petit-fils d'Alphonse XIII d'Espagne et descendant de Philippe V, lui-même petit-fils de Louis XIV.
Et c'est ainsi, pendant quelques jours, que ce prince à l'allure sportive a silloné l'Hexagone avec son épouse Marie-Marguerite, à la rencontre de l'histoire de ses ancêtres. A commencer par l'Anjou, l'ancienne province royale, où la République et ses représentants n'ont pas boudé leurs hôtes. Et toutes nuances politiques confondues, de Jean-Claude Antonini, le maire PS d'Angers, à l'ancien garde des Sceaux, Jean Foyer, en passant par Christophe Béchu, jeune président UMP du conseil général, Marc Laffineur, député-maire UMP d'Avrillé, ou les maires de Baugé et de Brissac.
Baugé, là où se trouve la Sainte Croix d'Anjou, relique du XIVème siècle et combien symbolique puisqu'elle est aussi la croix de Lorraine, symbole de lalibération de la France " pour des royalistes dans l'âme comme le général Leclerc, de Lattre de Tassigny ou d'Estienne d'Orves " ainsi que l'a rappelé Louis de Bourbon. Étonnante rencontre, sans aucune fausse note, entre deux mondes réunis par ce dénominateur commun qu'est l'histoire de France. Mais aussi l'histoire d'une région, façonnée, enrichie par les ducs d'Anjou comme l'a rappelé Christophe Béchu. La population, elle aussi, était au rendez-vous, découvrant, parfois avec surprise, un "" vrai " prince, jeune beau et dynamique !...
Après un survol des châteaux de la Loire, c'est vers la Lorraine que Louis de Bourbon s'est envolé. Même ambiance, même accueil à Lunéville puis à Nancy. La encore, ce sont les socialistes Michel Dinet, président du département, et Michel Clausse, maire de Lunéville, qui l'ont reçu.
Vrai prétendant au trône de France, Louis XX, comme le souhaitent ses partisans. Sa réponse a le mérite de la clarté : " Non, je suis l'aîné des Bourbons et j'en assume l'héritage. Et si un jour la question se posait, ce n'est pas moi qui choisirais, mais les Français.
L'article est accompagné d'une photo du Prince et de la Princesse, avec la légende suivante : <<<" Louis et Marie-Marguerite de Bourbon, avec la Sainte Croix de Baugé, qui est aussi la croix de Lorraine. ">>>
Il faut remarquer que si la réponse du Prince a le mérite de la clarté, elle ne dit pas exactement ce que suggère l'auteur de l'article. A la question de savoir s'il est " prétendant au trône de France ", il répond " Non. Je suis l'aîné des Bourbons ", ce qui exclut toute " prétention ". En revanche, le Prince a la sagesse de reconnaître que seuls les Français peuvent choisir d'avoir à nouveau un roi, qui ne pourrait être que lui.