Aujourd'hui est l'anniversaire de la mort d'Alphonse de Bourbon duc
d'Anjou et de Cadix "disparu" il y a 19 ans dans d'étranges
circonstances à Beaver Creek aux États-Unis d'Amérique (Colorado) alors
qu'il faisait l'ouverture en compagnie de Jean-Claude Killy d'une piste
de ski pour les Jeux Olympiques...
A ce titre, je vous transmets ce très beau texte de Raspail.
"Dès que j'ai eu l'honneur et le bonheur de faire la connaissance de Mgr
le duc d'Anjou, puis de l'approcher et de m'entretenir longuement avec
lui en différentes circonstances, j'ai immédiatement su et compris qu'il
existait quelque chose de sacré dans sa personne, toute de lumineuse
simplicité.
Il y avait en lui ce qui relève de l'origine divine du pouvoir, et si,
l'on veut ne pas me suivre là-dessus, au moins cette élévation
religieuse de la pensée et du sens moral qui peut seule autoriser un
être humain à régir le destin de ses semblables.
Certains États modernes respectent encore un minimum de sacré
indispensable à l'exercice du pouvoir. le président des États-Unis, par
exemple, prête serment sur la Bible et demande fréquemment à Dieu de
bénir et de protéger son pays. La persistance des monarchies en Europe,
même les plus médiocres et les plus abâtardies moralement, procède de ce
même principe.
En France, malheureusement, il n'existe plus la moindre once de sacré
dans l'exercice du pouvoir actuel de la république.
C'est vrai que le duc d'Anjou n'avait pas le pouvoir. Mais j'ai la
conviction qu'il était dépositaire d'une parcelle de divin. Ce n'est que
cela, et rien de plus, la légitimité."
Jean Raspail